C'est une information révélée par Europe 1. dans l'Oise, près de Compiègne, est menacée de fermeture. Comme le redoutaient les syndicats du groupe qui parlaient "d'indices", assurant qu'il "n'y a pas de fumée sans feu". "C'est une éventualité qui doit être prise au sérieux, puisque le niveau de demande de nos clients est très faible par rapport à l'année dernière. L'écart entre la demande et la capacité de production est important", a confirmé samedi le directeur de l'usine, Louis Forzy, selon qui Continental, "comme toute entreprise, doit toujours avoir à l'étude tous les scénarios possibles".
Si cette fermeture était confirmée lors du comité central d'entreprise extraordinaire du 16 mars prochain, ce serait l'une des plus importantes vagues de licenciements en France depuis le début de la crise dans le secteur automobile. Environ 1.100 emplois sont en effet en jeu.
Déjà lourdement endetté, le groupe allemand Continental a annoncé dernièrement un bénéfice d'exploitation en recul de 39% au quatrième trimestre 2008 par rapport à l'année précédente. La crise économique actuelle frappe de plein fouet d'industrie automobile, qu'il s'agisse des constructeurs ou des équipementiers. Les pneus Continental ont eux été particulièrement affaiblis par plusieurs hivers sans neige qui ne conduisent pas les automobilistes à s'équiper.
Il y a quelques mois déjà, les syndicats de Clairoix s'étaient dit inquiets pour leur avenir en particulier. En novembre dernier, la survie du site de l'Oise avait même fait l'objet d'une demande de réunion extraordinaire du conseil d'entreprise. L'usine de Clairoix est souvent présentée par la direction comme la moins performante du groupe. En 2007, elle avait fait la Une de l'actualité avec la signature d'un accord pour repasser aux 40 heures de travail hebdomadaire. Sa fermeture déboucherait sur la suppression d'un emploi sur deux en France dans la branche pneumatique. Une catastrophe sociale également pour le bassin d'emploi picard.